Sous-jacents en Bourse : Comprendre, Analyser et Investir Stratégiquement en 2025
Les sous-jacents constituent le socle des produits dérivés et jouent un rôle central dans la gestion des portefeuilles d’investissement. La maîtrise de cette notion permet aux investisseurs de mieux appréhender les mécanismes de la couverture, de la spéculation et de la diversification. Découvrez dans ce guide complet tout ce qu’il faut savoir sur les sous-jacents en bourse : définition, catégories, méthode d’analyse, exemples concrets, opportunités et risques en 2025.
Qu’est-ce qu’un sous-jacent en bourse ?
Un sous-jacent est un actif financier ou tangible sur lequel repose la valorisation d’un produit dérivé. Que ce soit une action, une matière première, une devise ou un indice, le sous-jacent détermine la variation de prix du produit dérivé qui en dépend (options, futures, ETF…). Par exemple, un contrat future sur le CAC 40 a pour sous-jacent l’indice CAC 40.
Les produits dérivés permettent ainsi aux investisseurs d’exposer leur portefeuille à l’évolution d’une catégorie d’actifs particulière, sans détenir directement le sous-jacent. Cette structuration joue un rôle majeur pour la gestion du risque et la recherche de performance.
Fonctionnement du sous-jacent dans les produits dérivés
- Options : un call ou un put porte sur un actif sous-jacent et permet d’acheter ou vendre ce dernier à un prix fixé à l’avance.
- Contrats à terme (futures) : ils engagent l’acheteur et le vendeur à échanger l’actif sous-jacent à une date et un prix convenus.
- ETF et ETC thématiques : ces instruments répliquent la performance d’un sous-jacent via différents mécanismes (physique, synthétique).
Catégories principales de sous-jacents
Il existe quatre grandes familles de sous-jacents, chacune présentant des caractéristiques et des profils de risque spécifiques :
- Actions : titres de sociétés cotées telles que Hermès ou Amazon. Les actions offrent une exposition à la croissance d’entreprises, avec des variations importantes en fonction des résultats financiers ou de la conjoncture économique.
- Indices boursiers : agrégats représentatifs de marchés entiers comme le CAC 40 français, le S&P 500 américain ou le DAX allemand. Ils sont très utilisés dans la gestion passive et l’arbitrage.
- Matières premières : énergie (pétrole, gaz), métaux (or, cuivre), produits agricoles (blé, soja). Les ETF/ETC sur matières premières permettent d’investir indirectement sur ces actifs physiques.
- Devises (forex) : paires telles qu’euro/dollar ou yen/dollar, utilisées principalement dans la couverture contre le risque de change ou la spéculation sur les fluctuations des monnaies mondiales.
Pourquoi les sous-jacents sont-ils essentiels pour l’investisseur ?
La compréhension des sous-jacents est indispensable pour tout investisseur utilisant des produits financiers au-delà du simple achat d’actions, notamment pour notre environnement en 2025 où la gestion active, la couverture du risque et la diversification restent des enjeux clés.
- Diversification : en panachant des sous-jacents aux profils variés (actions, matières premières, devises…), le risque global du portefeuille est mieux maîtrisé.
- Gestion du risque : l’exposition à certains sous-jacents via des dérivés permet de se couvrir contre les baisses de marché ou les mouvements adverses.
- Opportunités globales : certains marchés ou secteurs ne sont accessibles que via des produits dérivés sur leurs sous-jacents (ex : matières agricoles).
- Effet de levier : la structure des produits dérivés permet de multiplier l’exposition au sous-jacent pour un investissement limité, tout en augmentant le risque potentiel.
Analyse des sous-jacents : méthodes et indicateurs clés
Pour investir de manière rationnelle, il convient de recourir à différentes approches d’analyse, complémentaires et adaptées au sous-jacent ciblé. Voici les deux méthodes principales appliquées en bourse.
Analyse technique des sous-jacents
L’analyse technique s’appuie sur l’historique des prix du sous-jacent et la psychologie de marché. Elle est fréquemment utilisée pour détecter les tendances, repérer les zones de support/résistance, et identifier des opportunités de trading à court terme.
- Indicateurs techniques : MACD, RSI, bandes de Bollinger… Ils signalent des situations de surachat/survente ou un changement de dynamique sur l’actif étudié.
- Figures chartistes : épaule-tête-épaule, triangles, double creux… Elles matérialisent les retournements ou la poursuite de tendances.
- Volumes et volatilité : des mouvements importants de volumes valident la puissance d’un signal technique, tandis que la volatilité mesure l’ampleur des variations du sous-jacent.
Étude de cas : ETF sur le soja (WisdomTree Soybeans, SOYB)
Le WisdomTree Soybeans (SOYB) est un ETF offrant une exposition au marché mondial du soja. Il suit un indice composé de contrats à terme sur le soja (Bloomberg Soybeans Subindex Total Return) et vise à répliquer la performance de cette matière première, très prisée par les investisseurs souhaitant diversifier leur portefeuille au sein des actifs agricoles.
- Cours récent (novembre 2025) : autour de 27,75 USD à Londres ; entre 21,04 et 25,55 EUR sur la place de Xetra. Sur la Borsa Italiana, il clôture à 21,605 EUR.
- Performance sur un an (novembre 2025) : le SOYB affiche une variation annuelle autour de +0,3 % (place de Xetra).
- Performance YTD : -5,96 % sur les dix premiers mois de 2025.
- Volatilité sur un an : près de 19 %, ce qui traduit un risque élevé caractéristique des matières premières agricoles.
- Actifs sous gestion : près de 14 millions d’euros sur Xetra en fin 2025.
Remarque importante : aucun ratio bêta officiel fiable n’est publié pour ce type d’ETF de commodité, car il n’existe pas d’indice boursier universel de référence pour en mesurer la sensibilité, ni de consensus sur l’utilisation du bêta pour de tels instruments. Il est donc préférable de fonder l’étude de risque sur la volatilité historique et d’effectuer une comparaison explicite face à d’autres benchmarks (ex : indice MSCI World, ETF agricoles).
Analyse fondamentale des sous-jacents
L’analyse fondamentale s’intéresse aux caractéristiques intrinsèques ou aux facteurs extérieurs qui déterminent la valeur du sous-jacent. Les indicateurs et sources de données diffèrent selon la catégorie de l’actif :
- Actions : états financiers (bilan, P&L), croissance du chiffre d’affaires, rentabilité des fonds propres, analyse sectorielle, position concurrentielle…
- Indices : pondérations sectorielles, facteurs macroéconomiques impactant la croissance globale, taux d’intérêt, politique monétaire.
- Matières premières : dynamique offre/demande mondiale (rapports USDA, stocks, météo, politiques agricoles), évolution des usages, tensions géopolitiques.
- Devises : taux d’intérêt nominaux et réels, politique monétaire, balance des paiements, stabilité macroéconomique, événements politiques.
Sur l’exemple du soja, une analyse fondamentale inclurait les estimations de récoltes dans les principaux pays exportateurs (Brésil, États-Unis), la demande liée à la production de biocarburants et à l’alimentation animale, la vigueur du dollar américain, ainsi qu’un suivi attentif des rapports USDA.
Facteurs essentiels à considérer lors de l’analyse des sous-jacents
- Liquidité : capacité à acheter ou vendre une position sur le sous-jacent sans provoquer de forte variation de prix. Les marchés les plus liquides sont généralement ceux des grandes sociétés, des principaux indices ou des matières premières majeures (pétrole, or, soja).
- Risque de volatilité : les matières premières, notamment agricoles, présentent des sautes de prix importantes causées par les conditions météorologiques, géopolitiques ou logistiques. Les actions technologiques ou les cryptomonnaies sont aussi fortement volatiles.
- Multiplicité des places et devises de cotation : certains sous-jacents (ex : ETF sur matières premières) sont disponibles en plusieurs devises et sur différentes places boursières. Il est essentiel de préciser la place et la devise lors de l’analyse du prix pour éviter les arbitrages erronés.
- Commissions et frais de gestion : la rentabilité réelle d’un investissement dépendra aussi des frais prélevés par les intermédiaires ou les sociétés de gestion.
- Effet de levier implicite : certains dérivés embarquent un levier naturel, augmentant à la fois le potentiel de gain et le risque de perte.
Investir avec discernement : stratégies sur les sous-jacents en 2025
L’exposition à différents sous-jacents permet de déployer une palette variée de stratégies, adaptées au profil, aux objectifs et à la tolérance au risque de chaque investisseur :
- Stratégies directionnelles : achat simple d’un produit dérivé pour jouer la hausse (call, futures) ou la baisse (put, vente à découvert) du sous-jacent.
- Stratégies de couverture (hedging) : achat d’options ou de contrats à terme pour se prémunir contre une baisse imprévue des actifs en portefeuille.
- Arbitrage : exploitation des différences de prix ou de valorisation entre différentes places ou sous-jacents apparentés (ex : pairs trading, arbitrage indice/action).
- Diversification sectorielle ou géographique : allocation vers des sous-jacents issus de marchés émergents, de nouvelles technologies, de matières premières ou de secteurs à fort potentiel.
Les tendances de fond pour 2025 laissent envisager des opportunités sur plusieurs classes d’actifs, notamment :
- Technologie et intelligence artificielle : forte innovation, croissance rapide mais volatilité accrue.
- Transition énergétique : hausse de la demande sur les métaux stratégiques (lithium, cuivre, nickel).
- Matières premières agricoles : la volatilité du climat, la croissance démographique et la transition alimentaire soutiennent l’intérêt pour les ETF/ETC sur le soja, le blé ou le sucre.
- Monnaies émergentes ou cryptomonnaies : diversification et gestion du risque devise dans des environnements macroéconomiques incertains.
Risques et limites liés aux sous-jacents
L’investissement sur des sous-jacents, surtout via des produits dérivés, comporte plusieurs risques inhérents :
- Risque de perte en capital : l’effet de levier peut amplifier les pertes rapidement, notamment lorsque le marché évolue à l’encontre de la stratégie envisagée.
- Volatilité et gaps de marché : certains actifs (comme les matières premières agricoles) subissent d’importants mouvements de prix en raison de chocs exogènes.
- Absence d’analyse fondamentale : investir uniquement sur des signaux techniques, sans prendre en compte la situation économique et les fondamentaux du sous-jacent, augmente les risques d’erreur.
- Complexité réglementaire : la taxation, la liquidité et la réglementation diffèrent selon la place de cotation ou la structure du produit utilisé.
- Risque de change : lorsque le sous-jacent est libellé dans une devise différente de celle de l’investisseur, les mouvements de taux de change peuvent impacter la performance finale.
Focus 2025 : Quelles perspectives pour les principaux sous-jacents ?
Les marchés mondiaux restent marqués par l’incertitude macroéconomique, les bouleversements géopolitiques et la transition écologique. Pour chaque grande famille de sous-jacents, les perspectives se dessinent autour des axes suivants :
- Actions : les valeurs de croissance (technologie, santé) connaissent une volatilité accrue. Les secteurs cycliques demeurent sensibles à la hausse des taux ou aux politiques monétaires des banques centrales.
- Indices : les grands indices restent recherchés pour leur diversification, mais l’exposition à des régions ou secteurs précis (ex : Asie, énergies renouvelables) peut offrir un potentiel supérieur assorti d’un risque plus élevé.
- Matières premières : les prix du pétrole et des métaux de base restent dépendants de la conjoncture économique et des tensions géopolitiques. Le soja et autres soft commodities affichent une forte volatilité, exposant les investisseurs à des chocs de prix rapides.
- Devises : le dollar américain conserve un statut de valeur refuge, mais les variations brutales du change nécessitent de solides stratégies de couverture.
Exemple approfondi : Le cas du WisdomTree Soybeans (SOYB) et des ETF agricoles
En 2025, le marché du soja illustre parfaitement la complexité de l’analyse d’un sous-jacent agricole :
- Production mondiale : les récoltes au Brésil, aux États-Unis et en Argentine, les conditions climatiques extrêmes et les arbitrages entre cultures (ex : maïs contre soja) influencent fortement la dynamique des prix.
- Demande : la demande chinoise, les politiques de biocarburants en Amérique et en Europe, ainsi que les tendances alimentaires mondiales sont des moteurs essentiels.
- Facteurs de marché : variations des stocks mondiaux publiés par l’USDA, logistique exportatrice, tensions géopolitiques et politiques agricoles impactent les prix quotidiennement.
Le WisdomTree Soybeans (SOYB) permet ainsi d’accéder aux mouvements du soja à travers un produit coté, tout en intégrant dans son analyse :
- Volatilité élevée : le risque d’amplitude du prix est important, tant à la hausse qu’à la baisse, et dépend de données fondamentales cycliques.
- Importance de la devise et de la place : le SOYB est négocié en différentes devises et sur plusieurs bourses (Xetra en EUR, Londres en USD, Borsa Italiana en EUR) ; il est donc crucial de bien préciser la référence choisie lors du suivi du cours ou de la performance.
- Frais de gestion : typiques d’un ETF matières premières, autour de 0,49 %, impactant la performance à long terme.
- Actifs sous gestion : volume autour de 14 millions d’euros sur la place Xetra en novembre 2025.
Performance et volatilité
Sur la base des dernières données, le WisdomTree Soybeans (SOYB) affiche pour l’année glissante une performance d’environ +0,3 %. Sa volatilité annuelle frôle les 19 %, rappelant le caractère risqué de la catégorie. La performance depuis le début de l’année 2025 est quant à elle légèrement négative, soulignant l’importance d’une analyse continue de l’environnement agricole mondial.
Comparaison avec d’autres ETF/sous-jacents agricoles
Sur le segment des ETF agricoles, le soja n’est pas isolé : on trouve des produits exposés au blé, au maïs, au café ou au sucre. La performance de chaque sous-jacent dépend de facteurs distincts (climat, logistique, politiques publiques), d’où l’intérêt d’une analyse multi-sectorielle et d’une diversification sectorielle au sein du portefeuille matières premières.
Conclusion : maîtriser l’analyse des sous-jacents pour investir avec succès en 2025
L’étude rigoureuse des sous-jacents – qu’il s’agisse d’actions, d’indices, de matières premières ou de devises – est aujourd’hui indispensable pour tout investisseur souhaitant optimiser ses performances, diversifier son portefeuille et maîtriser la gestion du risque. Les opportunités liées aux ETF, ETC et produits dérivés sont immenses, mais nécessitent une information précise, une vigilance sur les chiffres et une compréhension fine des dynamiques économiques.
En 2025, la volatilité des marchés, la multiplicité des classes d’actifs et la sophistication des produits offrent de nouveaux horizons, à condition d’investir de manière éclairée. L’analyse des facteurs fondamentaux, techniques et macroéconomiques du sous-jacent reste la pierre angulaire d’une stratégie solide et performante.
